Grimpe aux Sept Laux

Pour une fois, on a réussi à aligner les astres : le petit est en vacances chez ses grands parents, on a de la disponibilité et les prévisions météo sont bonnes (ce qui, vu le mois de juillet pourri qu’on a eu, est assez exceptionnel pour être signalé). Le refuge est réservé pour vendredi soir, on a deux jours pleins à passer en montagne !

13 août — La montée au refuge & grimpe au-dessus du Lac de la Motte

Bien entendu, pandémie COVID oblige, quelques adaptations sont à prévoir concernant la nuitée en refuge. Celle qui a le plus d’impact est qu’ils ne peuvent plus fournir les couvertures : il faut monter avec son sac de couchage. On rajoute donc, dans mon cas, un bon 1,6 kg sur le dos (j’ai pas plus léger… ou alors un sac à viande, mais comme je crains de passer une nuit trop fraîche…).

Les sacs sont pesés avant le départ : 16 et 14 kg ! Nous n’avons pourtant pas l’impression d’avoir pris de choses inutiles, ni de matos particulièrement lourd… La corde est déjà courte au possible (30 m à simple, largement suffisant pour la quasi-totalité des voies), j’ai pris le strict minimum de dégaines, bref, on a déjà pas mal optimisé. À posteriori, j’aurais pu laisser les friends (une des voies qu’on envisageait de faire est à protéger) et ainsi économiser un ou deux kilos, mais guère plus.

Sur le parking du Pleynet, avec nos sacs de mules, les casques et la corde, on se sent un peu comme des extraterrestres… Pas grave, on a l’habitude. On suit la piste forestière qui nous permet de rejoindre l’intersection avec le GR juste sous le chalet du Gleyzin de la Ferrière. Jusqu’ici, ça monte plutôt tranquillement.

Montée par la piste forestière. De quand date la dernière photo de Jéromine avec casque + corde ? Longtemps…

Cette fois, on monte par le chalet et le GRP, ce sera plus direct. Après le sentier en balcon, on arrive à la montée finale, bien raide, qui mène au Lac Noir. Au passage, on remarque la présence d’une corde fixe dans la paroi du Roc de Pendet, à priori bien plus à droite que « T’es Oulx » (un nouvel équipement en cours ?)

La montée sous le Roc de Pendet

Après le Lac Noir, on trace jusqu’au refuge pour aller se signaler et poser quelques affaires, histoire de grimper plus léger(1). Puis on repart, direction le Lac de la Motte pour notre première voie : « Symphonie en 7 majeur ». Pas de panique, malgré le nom, il n’y a aucun passage de 7 (ni même de 6) dans cette voie. Les longueurs sont courtes, et il y a fréquemment des échappatoires.

Jéromine dans « Symphonie »
Toujours dans « Symphonie »

Le rocher est excellent, très adhérent, et mérite amplement sa réputation de « plus beau granite de Belledonne » (et peut-être même « plus beau rocher de Belledonne » tout court) ? Pour ne rien gâcher, on grimpe dans un cadre « 5 étoiles » avec vue sur les lacs, le refuge, les sommets…

L4 de « Symphonie »

On s’arrêtera après L5, pas le temps d’aller faire L6 et L7 : il ne faudrait pas être en retard pour l’apéro du gardien à 18 h ! L’accueil au refuge est vraiment au top, le gardien et son équipe sont super sympa. Entre l’apéro et le repas (au top aussi !), l’ambiance est à la convivialité et à l’échange. Après le repas, tout le monde ressort pour profiter du coucher de soleil sur le Badon, le Rocher Blanc, le Toit… et essayer de voir les bouquetins qui s’approchent parfois du refuge. Ce soir, nous aurons droit à un mâle solitaire sur les vires au-dessus du lac, une hermine autour du refuge, ainsi qu’une étagne en contre-jour sur une crête secondaire des Cabottes.

Étagne en contre-jour

14 août — Escalade au Triangle et retour

Réveil à 7h30 après une nuit un peu agitée (finalement, il fait plutôt chaud dans le dortoir, j’aurais pu prendre mon sac à viande), objectif du jour : une voie au Triangle. Après avoir refait les sacs et le plein d’eau, on reprend le GR 738 le long du Lac Cottepens, au bout duquel se trouve la paroi. On laisse les affaires inutiles dans un sac caché sous un gros bloc, et c’est parti pour « À Laux Playmobil », 5b max.

Première longueur de « À Laux… »

Comme dans « Symphonie… » la veille, le granite est sculpté et la grimpe très agréable. Seule ombre au tableau : les ruissellements des pluies de l’avant-veille qui compliquent un peu certains passages. Mais dans l’ensemble, on trouve toujours le moyen de passer quasiment à sec.

Avant-dernière longueur, en sortie sur un superbe pilier

Vu l’horaire, on aura fait une grande majorité de la voie à l’ombre, et c’est tant mieux : la chaleur au sommet nous assomme, et la descente est en conséquence laborieuse.

On récupère les affaires sous le bloc, et c’est parti pour le retour ! Comme à l’aller, mais dans l’autre sens : suivre le Lac Cottepens, passer au Lac Noir, descendre au pied du Roc de Pendet… Et ainsi de suite jusqu’à la piste forestière, après laquelle nous attend une dernière remontée de 100 m (moins pénible que ce qu’on imaginait) pour arriver au parking du Pleynet, fatigués mais contents d’avoir pu profiter de notre week-end à deux.

(1) La tactique choisie : emporter un sac à dos léger et pliable (un Simond Cliff 20 l), dans le fond du gros sac à dos. Pour l’approche et/ou la grimpe : déplier le sac, y mettre les 2-3 affaires dont on peut avoir besoin (eau, petit coupe-vent, le matos pendant l’approche), et profiter d’une grimpe allégée !